Un nouveau changement qui surprend les voyageurs
Si vous suivez l'actualité des visas en Thaïlande depuis quelques années, les revirements ne vous surprennent plus vraiment. En 2024, le gouvernement thaïlandais avait étonné en passant l'exemption de visa de 30 à 60 jours, une mesure pensée pour relancer le tourisme après le Covid. Les globe-trotteurs et semi-expatriés qui passaient plusieurs mois dans le pays ont apprécié. Mais cette générosité avait une date d'expiration.
Depuis début 2026, c'est officiel : la Thaïlande est revenue à une exemption de 30 jours à l'entrée pour les ressortissants qui bénéficient de l'accord d'exemption de visa, dont les Français, Belges, Suisses et Canadiens francophones. Un changement confirmé par plusieurs sources spécialisées publiées ces derniers jours, qui touche directement tous ceux qui préparent un voyage ou un séjour prolongé dans le royaume.
Concrètement, qu'est-ce que ça change ? Que faire si vous aviez prévu un long séjour ? On vous explique tout.
Le récapitulatif : avant et après, les chiffres qui comptent
Pour éviter toute confusion, voici les deux situations en comparaison directe. Entre 2024 et fin 2025, l'exemption de visa à l'entrée donnait 60 jours, avec possibilité d'extension auprès de l'immigration locale de 30 jours supplémentaires. Le séjour maximum sans visa spécifique atteignait donc 90 jours. Depuis début 2026, l'exemption de visa à l'entrée ne donne plus que 30 jours. L'extension auprès de l'immigration locale reste possible pour 30 jours supplémentaires, ce qui ramène le séjour maximum sans visa spécifique à 60 jours.
La différence représente donc 30 jours perdus par rapport à ce que permettait la règle mise en place en 2024. Pour un touriste qui passe deux semaines à Bangkok et une semaine à Koh Samui, ça ne change rien. Mais pour ceux qui s'installaient plusieurs mois sans visa, la donne est clairement différente.
Pourquoi la Thaïlande a-t-elle fait marche arrière ?
La mesure des 60 jours avait été introduite dans un contexte précis : celui de la reprise post-Covid. La Thaïlande, dont le tourisme représente une part majeure du PIB (environ 12 à 15 % selon les années), cherchait à attirer rapidement un maximum de visiteurs après des années de fermeture partielle. Allonger la durée d'exemption de visa était une façon simple et rapide d'inciter les voyageurs à rester plus longtemps, et donc à dépenser plus.
Avec la normalisation du trafic aérien et des flux touristiques en 2025, cette mesure d'urgence n'avait plus vraiment de raison d'être. Le tourisme thaïlandais s'est redressé à des niveaux proches de ceux d'avant 2020. Les autorités ont jugé que maintenir les 60 jours n'était plus justifié, d'autant que certains profils de voyageurs utilisaient cette exemption de manière répétée pour vivre en Thaïlande sans statut de résident officiel.
Le retour aux 30 jours s'inscrit aussi dans une logique plus large de régulation des séjours longue durée. Les autorités de l'immigration thaïlandaise surveillent de plus en plus les personnes qui enchaînent les entrées aux frontières (les fameux « visa runs ») pour rester dans le pays sans titre de séjour adapté.
L'extension de 30 jours : toujours disponible, mais pas automatique
La bonne nouvelle, c'est que la possibilité de prolonger son séjour de 30 jours supplémentaires auprès de l'Immigration Bureau est maintenue. Si vous entrez en Thaïlande avec 30 jours d'exemption de visa, vous pouvez toujours rester jusqu'à 60 jours au total, à condition de faire les démarches.
Comment ça fonctionne ? Avant l'expiration de vos 30 jours initiaux, vous devez vous rendre dans un bureau de l'immigration thaïlandais (il en existe dans toutes les grandes villes et dans la plupart des zones touristiques). Vous y déposerez votre demande d'extension de séjour, accompagnée de quelques documents : votre passeport valide (avec au minimum 6 mois de validité restante), une photo d'identité récente (format passeport, 4 x 6 cm), le formulaire TM.7 rempli sur place ou téléchargeable en amont, et les frais d'extension de 1 900 THB (soit environ 50 euros). On vous demandera parfois de montrer une preuve de fonds suffisants, que ce soit votre compte bancaire ou du liquide sur vous.
L'extension est accordée à la discrétion de l'agent d'immigration, même si elle est quasi systématique pour un premier séjour touristique classique. Elle vous donne alors 30 jours supplémentaires à partir de la date d'expiration de votre tampon d'entrée, et non à partir du jour de votre demande.
Pour toutes les informations officielles sur les procédures d'extension, vous pouvez consulter le site officiel de l'Immigration Bureau thaïlandais.
Ce que ça change selon votre profil de voyageur
Le touriste classique (moins de 30 jours)
Pour la grande majorité des voyageurs qui passent 2 à 4 semaines en Thaïlande, ce changement n'a aucun impact. 30 jours, c'est largement suffisant pour explorer Bangkok, Chiang Mai, Phuket ou les îles du golfe de Thaïlande. Si vous faites partie de cette catégorie, vous n'avez absolument rien à changer dans votre organisation. Si vous cherchez des idées pour optimiser votre séjour, jetez un oeil à notre guide que faire à Bangkok en 3 jours ou à notre itinéraire que faire à Koh Samui en 3 jours.
Le voyageur longue durée (entre 30 et 60 jours)
Si vous prévoyez un séjour d'un mois et demi à deux mois, le changement reste gérable. Vous entrez avec 30 jours, vous faites votre demande d'extension avant expiration, et vous repartez (ou rentrez chez vous) à la fin des 60 jours. Le coût supplémentaire est de 1 900 THB, soit environ 50 euros. Rien de dramatique, mais il faut bien anticiper la démarche et ne pas attendre le dernier moment.
Le "long stayer" ou semi-expatrié (plus de 60 jours)
C'est là que le changement se fait le plus ressentir. Ceux qui vivaient en Thaïlande plusieurs mois par an en profitant de la règle des 60 + 30 jours se retrouvent aujourd'hui avec une fenêtre réduite à 60 jours maximum sans visa spécifique. Si vous souhaitez rester plus longtemps, plusieurs options s'offrent à vous.
Le visa TR (Tourist Visa) simple entrée offre 60 jours, renouvelable une fois pour 30 jours. Vous devez le demander à l'ambassade de Thaïlande dans votre pays avant de partir. Le visa TR double ou multiple entrées permet de revenir plusieurs fois dans l'année, avec 60 jours à chaque entrée. Pour des profils spécifiques (cours de langue, télétravail légal), le visa ED (Education) ou le visa Non-Immigrant B (business) peuvent convenir. Enfin, le Thailand LTR Visa (Long Term Resident), créé en 2022 pour les retraités, les travailleurs à distance et les investisseurs, est valable 10 ans.
Dans tous les cas, si vous comptez dépasser les 60 jours, mieux vaut anticiper et choisir le visa qui correspond à votre situation réelle plutôt que de multiplier les départs aux frontières qui peuvent attirer l'attention des agents d'immigration.
Les visa runs : une pratique de plus en plus risquée
Pendant des années, de nombreux expatriés de fait ont utilisé les "visa runs" comme solution pour rester indéfiniment en Thaïlande. Le principe : partir quelques heures dans un pays voisin (Laos, Cambodge, Malaisie), tamponner son passeport à la frontière, puis revenir en Thaïlande avec un nouveau tampon de 30 jours.
Cette pratique est techniquement légale, mais de plus en plus surveillée. Les agents d'immigration peuvent refuser l'entrée à des personnes qui ont visiblement utilisé le pays comme résidence sans statut officiel. Des séjours cumulés répétés, des tampons réguliers aux frontières terrestres, une absence de billet de retour ou de preuves de finances suffisantes : autant d'éléments qui peuvent conduire à un refus d'entrée, voire à une interdiction temporaire de territoire.
Avec le retour à 30 jours, ceux qui comptaient faire des visa runs toutes les 6-8 semaines devront désormais les planifier toutes les 4 à 6 semaines (selon s'ils font l'extension ou non), ce qui augmente les coûts et les risques de friction avec l'immigration.
Comment bien préparer son entrée en Thaïlande en 2026
Quelques réflexes pratiques à adopter avant de prendre l'avion. Vérifiez la durée inscrite sur votre tampon d'entrée dès votre arrivée. Ne vous fiez pas à ce que vous pensiez savoir : les règles changent, et c'est la date sur votre passeport qui fait foi. Notez la date d'expiration de votre permission de séjour dans votre téléphone ou agenda. Dépasser cette date, même d'un jour, entraîne une amende de 500 THB par jour d'overstay, avec un risque d'interdiction de territoire pour les cas graves.
Préparez vos documents d'extension à l'avance si vous prévoyez de rester plus de 30 jours. Ne faites pas la démarche le jour J de l'expiration. Ayez un billet de retour ou de continuation lors de votre entrée. Certains agents d'immigration (et parfois les compagnies aériennes) peuvent vous le demander. Gardez une preuve de fonds : officiellement, les autorités thaïlandaises recommandent de disposer d'au moins 10 000 THB en liquide par personne ou 20 000 THB par famille lors de l'entrée dans le pays.
Ce que l'on attend pour la suite
La Thaïlande n'a pas dit son dernier mot en matière de politique de visa. Le gouvernement continue d'expérimenter différentes approches pour attirer des touristes à forte valeur ajoutée (voyageurs longue durée, digital nomads, retraités aisés) tout en régulant mieux les séjours sans statut légal clair.
Des discussions sont en cours concernant la création d'un visa spécifique pour les nomades numériques, et le LTR Visa continue d'être promu activement. De nouveaux changements peuvent intervenir dans les prochains mois. La règle à retenir : ne jamais organiser un séjour long en Thaïlande en partant du principe que les conditions actuelles seront encore valables dans 6 mois. Restez informé, et adaptez votre stratégie en conséquence.
Pour l'heure, la règle est claire : 30 jours à l'entrée, 30 jours d'extension possible, 60 jours maximum sans visa spécifique. Tout le reste est à organiser en amont, avant même de monter dans l'avion.